XVIIIe siècle : Grandsaigne et Sambucy

Famille Grandsaigne

 

Le 28 avril 1705, la seigneurie de Montclar est vendue à Gely Grandsaigne. La famille Gransaigne (ou Gransanhe) est une famille de notables issue de la région de Sévérac-le-Château. La famille Gransaigne est une famille de notables issue de la région de Sévèrac-le-Château. Elle y occupe au XVIIe siècle des fonctions de marchand et de receveur du domaine de la baronnie de Sévèrac. Ce qui lui ouvre sans doute une proximité avec la famille d’Arpajon, seigneur de Sévérac. En effet, la principale mission d’un receveur consiste à percevoir taxes et revenus des terres affermées par un seigneur.

 

C’est durant le marquisat de Catherine Françoise d'Arpajon (dernière descendante directe des Arpajon) que Gély Grandsaigne (ou Giles II Gransaigne) achète pour le compte de son fils Gilles III, la baronnie de Brousse avec les terres de Montclar, Faveyrolles, Ennous, Rigaldié et Ennous, à Catherine-Françoise d’Arpajon, dernière descendante directe des Arpajons.

 

L’achat de Gely est réalisé pour le compte de son fils Gilles III pour ne pas avoir de droit a payer du fait que ce dernier est « noble » . En effet Giles III de Gransaigne, marié le 18 avril 1695 à Millau avec Jeanne de Julien de Pégayrolles (1670-1744) est « secrétaire du roi ». Un secrétaire du roi est un officier de chancellerie royale, qui bénéficie de la noblesse du premier degré. Au XVIIIe siècle, il s’agit d’une sinécure souvent achetée pour être anobli (mal perçue, cette charge était surnommée "savonnette à vilains").

Terrible hiver en 1709 : le Tarn gèle !

Compte rendu de Joseph Layral, prêtre et vicaire de Brousse et Saint-Martin

Le 7 janvier 1709, un vent glacial se met à souffler. Deux jours après, la neige tombe et atteint un mètre de haut au bord du Tarn. Elle mettra trois semaines à fondre. Le Tarn gèle et peut être traversé à pied. Il fait tellement froid, qu’on a « peine à couper le pain ». Les noyers et de nombreux châtaigniers gèlent. Le froid cause la perte presque totale des « fruits de la terre ». Les vignes, pruniers, cerisiers, figuiers, amandiers ne donneront aucun fruit. Surviennent de nombreuses maladies, dont le « mal chaud » ou « pourpre » (fièvre typhoïde, scarlatine ou petite vérole ?), qui entraine la mort d’environ 50 personnes sur les 500 paroissiens que comptent Brousse et Saint-Martin. L’épidémie de pourpre dure jusqu’à la Saint Jacques, patron de l’église de Brousse, le 25 juillet !. Le 27 septembre, le Tarn entre soudainement en crue, emportant la « grande barque » et dix-sept petits bateaux de Brousse où du barry !. L’eau passe sur le pont du Rance et inonde largement les quartiers bas de Brousse.

 

De 1709 à 1713, appauvrissement général des campagnes.

Épidémie de peste à Marseille en 1721.

 

Giles III de Gransaigne décède le 22 septembre 1724 (54 ans) sans descendance. Il est enterré le lendemain dans l’église de Brousse-le-Château, où sa pierre tombale est encore visible au centre du cœur.

 

La baronnie de Brousse (dont Montclar !) passe aux mains de son frère Etienne (deuxième fils de Gely II).

Le 5 avril 1739, pour payer les legs de son père, Étienne de Gransaigne revend Montclar, Faveyroles et Salelles à Antoine de Sambucy, seigneur de Broquiès, châtelain de Compeyre, conseiller du roi et avocat-général à la cour des aides et finances de Montauban.

 

Parmi les descendants des Grandsaigne, Louis Antoine de Grandsaigne (né le 14/01/1749 à Millau), sera député de l’Aveyron du 17 février 1807 au 01 septembre 1811 (il est procureur-syndic du district de Millau au début de la Révolution, émigre, rentre en France en 1801, obtient les fonctions de contrôleur des contributions directes à Millau, et est choisi, le 17 février 1807, par le Sénat conservateur, comme député de l'Aveyron au Corps législatif impérial, où il siége jusqu'en 1811. Chevalier de l'Empire le 25 mars 1810, et chevalier de la Légion d'honneur.

A noter également que le château de Loupiac à La Panouse, à proximité de Séverac le Château, est toujours propriété de la famille Gransaigne d'Hauterive depuis cette date...


Famille Sambucy

 

Les Sambucy descendraient de la famille Sahuc, qui apparait vers 1500 à Saint-Georges-de-Luzençon, près de Millau. Ils sont tailleurs d'habits et maîtres couturiers. Vers 1600, ils intègrent la bourgeoisie de Millau et transforment leur nom en l'italianisant en Sambucy. Leur nom évolue en Sahuc de Sambucy, puis Sambucy de Luzençon, puis Sambucy de Sorgue.

 

Né le 10 mai 1687, Antoine de Sambucy est Conseiller du roi et Avocat-général à la Cour des aides et finances de Montauban. Il se marie le 30 juin 1682 avec Catherine Vacquier La Beaume d'Auberoques. Antoine de Sambucy est également baron de Miers (cette terre donnera le nom à la branche des barons de Miers) et baron de Sorgues.

Sans descendance, Antoine de Sambucy laisse ses biens à son neveu Alexandre Marc Antoine, lieutenant au 1er régiment.de Lille vers 1750.

 

Alexandre Marc Antoine de Sambucy est le fils aîné de Marc-Antoine de Sambucy (avocat au parlement de Paris, capitoul de la ville de Toulouse en 1745, marié à Marie-Antoinette de Laverne).

Alexandre Marc Antoine de Sambucy se marie avec Marie-Catherine de Fajole avec laquelle il a un fils, Antoine-Henri-Marie-Victor.

Alexandre Marc Antoine de Sambucy a une sœur, Angélique Ursule Marie Anne (née en 1775 - nc).Elle se mariera avec Guillaume Delauro. Leur fils Joseph Delauro sera député de 1815 à 1816 et de 1820 à 1831, se mariera avec Marie Peyrot de Vailhauzy, et vendra le château de Brousse à la commune en 1839.

Six générations plus tard un représentant de la famille de Sambucy, François-Xavier, épousera Chantal d'Orléans, fille d'Henri d'Orléans (1908-1999), comte de Paris et prétendant au trône de France de 1940 à 1999.

Alexandre II de Sambucy, baron de Miers, vicomte de Compeyre, Seigneur de Montclar, Salelles… est encore vivant en 1789.

 

Nouvelles famines en 1763, 1772, 1775, 1778, 1784…

 

 

Révolution

 

14 juillet 1789 : Prise de la Bastille. En décembre de la même année, création des départements et des communes. Le Maire et le conseil général de la commune sont élus pour deux ans.

 

La période révolutionnaire à Montclar et Saint-Igest reste à étudier plus en détail…


En mars 1790, création des cantons. Coupiac devient chef-lieu de canton de 1791 jusqu’en 1801 (An X), date à laquelle ce canton est supprimé et absorbé par Saint-Sernin-sur-Rance.

 

En 1793, Saint-Igest et Montclar sont rattachés à Coupiac, puis à Saint-Sernin, tandis que Brousse-le-Château est rattaché au canton de Broquiès.

Le lien entre Montclar et Brousse est défensivement rompu !

 

21 janvier 1793 : exécution du roi Louis XVI

En juillet 1793, François Chabot, en mission avec Jean-Baptiste Bô pour lever des soldats dans l'Aveyron et le Tarn, dénonce à la Convention le fédéralisme de certains de ses compatriotes aveyronnais : dissolution de la municipalité de Montclar, Balaguier et Pousthomy pour cause d'incivisme jusqu'en 1832.

 

En 1795, modification des administrations territoriales : les administrations municipales, trop réduites dans les communes de moins de 5 000 habitants, sont supprimées au profit d’un agent municipal et d’un adjoint.

 

 

Liste des lieux dits des paroisses de Saint-Igest et de L'Hôpital à la fin du XVIIIe siècle
(relevés de JY BOU).

  • Balmayrié (lLa)
  • Borie Del Mouly (La)
  • Borie Grande (La) ♦ aujourd’hui sur commune de Brasc
  • Cabriol (Le)
  • Capelle (La)
  • Clavetane (La) ♦ aujourd’hui sur commune de Brasc
  • Combal (Le)
  • Contié (La) ♦ aujourd’hui sur commune de Brasc
  • Garaldié (La)
  • Juliac
  • Hôpital (L')
  • Martinet (Le) ♦ aujourd’hui sur commune de Brasc
  • Mas de Saint-Igest (Le)
  • Mazet (Le)
  • Palaret
  • Pastrié (La)
  • Piboulède (La) ♦ aujourd’hui sur commune de Brousse
  • Roque (La)
  • Rouquette (La)
  • Saint-Dalmazi ♦ aujourd’hui sur commune de Brasc
  • Saint-Igest (village)
  • Sajac
  • Viminié (La)